Communique presse

Une grande partie des agents pénitentiaires ont à nouveau mené une grève le 24 février 2020 dans de nombreuses prisons du pays afin de dénoncer la manière dont le ministre Geens entend leur imposer son service minimum. Ce n’est pas un hasard si cette grève a eu lieu juste au moment où les organisations syndicales représentatives s’entretenaient avec le ministre à ce sujet.

 

Le personnel n’accepte pas que le ministre n’ait cessé, au cours de la législature écoulée, de lui donner des coups de sabot en faisant fi d’un grand nombre de protocoles signés.

 

Ces protocoles devaient garantir au personnel :

- que suffisamment d’agents soient employés dans les établissements pénitentiaires ;

- que leur travail puisse être adapté en tenant compte des économies de Michel I ;

- que les établissements pénitentiaires abritent moins de 10 000 détenus ;

- que les bâtiments soient rénovés le cas échéant et pourvus de systèmes de sécurité adéquats.

 

Aujourd’hui, le personnel constate :

- qu’il n’y a pas suffisamment d’agents ;

- qu’il n’est pas possible d’adapter le travail ;

- que près de 11 000 détenus sont encore incarcérés ;

- que des détenus s’évadent car les installations de sécurité de certains établissements pénitentiaires leur facilitent la tâche.


Par ailleurs, les arriérés de la livraison des uniformes s’élèvent à près de 2 millions d’euros… et les agents prennent eux-mêmes en charge les frais inhérents à leur tenue de travail.

Tous ces éléments expliquent aussi pourquoi le ministre veut contraindre deux tiers (voire plus) de son personnel à travailler lors des jours de grève ! Le 24 février 2020, le ministre se trouvait face à un choix : poursuivre la concertation ou imposer le diktat de la rue de la Loi. Pendant la concertation, le ministre a déclaré aux représentants syndicaux présents qu’il ne souhaitait pas poursuivre la concertation… c’est donc le diktat de la rue de la Loi !

 

La CGSP ne peut accepter qu’une loi sur le service minimum, destructrice pour le droit de grève, réduise les agents de la fonction publique fédérale au silence. La CGSP ne le tolérera jamais. Nous combattrons cette loi vivement contestée et, surtout, la manière dont le ministre Geens entend l’appliquer, en exploitant tout recours possible par la voie légale – et, bien entendu, par l’action syndicale !